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Les 10 erreurs que j'aurais aimé éviter avec Power Automate

Dernière mise à jour : 16 juil.

Temps de lecture : 6 à 8 minutes



1. Automatiser trop tôt


Pendant longtemps, j'ai eu le même réflexe.

Dès qu'une tâche me semblait pénible ou répétitive, je voulais l'automatiser.

Le raisonnement semblait logique.

Si une activité prend trop de temps, alors il suffit de la confier à Power Automate.

Le problème est que je confondais souvent deux choses très différentes :

  • un processus manuel ;

  • un processus maîtrisé.

Un processus peut être totalement manuel et parfaitement maîtrisé.

À l'inverse, il peut être complètement chaotique.

Dans ce second cas, l'automatisation ne résout pas le problème.

Elle le reproduit simplement plus vite.

J'ai vu des équipes vouloir automatiser des processus dont les règles changeaient chaque semaine.

Nouvelle colonne Excel.

Nouvelle validation.

Nouvelle exception.

Nouveau cas particulier.

Le flow fonctionnait au moment où il était créé.

Puis devenait obsolète quelques jours plus tard.

Aujourd'hui, avant même d'ouvrir Power Automate, je cherche à comprendre si le processus est suffisamment stable pour être automatisé.

Cette simple question m'a évité énormément de projets inutiles.


2. Construire un flow sans penser à sa maintenance


Celle-ci m'a pris du temps à comprendre.

Quand on construit son premier flow, on pense uniquement au jour où il fonctionnera.

On imagine le gain de temps.

On imagine les utilisateurs satisfaits.

On imagine le projet terminé.

Mais personne ne pense au sixième mois.

Je me souviens d'un flow dont j'étais particulièrement fier.

Les tests étaient bons.

Les résultats aussi.

Pendant plusieurs semaines, tout fonctionnait parfaitement.

Puis un jour, une colonne Excel a changé de nom.

Rien de dramatique.

Juste une colonne renommée.

Pour l'utilisateur, c'était un détail.

Pour le flow, c'était un arrêt complet.

Et personne ne s'en est rendu compte immédiatement.

Cette expérience m'a appris quelque chose d'important :

Un flow n'est pas un projet.

C'est un processus.

Et comme n'importe quel processus, il doit être maintenu.

Aujourd'hui, lorsque je construis une automatisation, je réfléchis toujours à la question suivante :

Qui va surveiller ce flow lorsqu'il ne sera plus nouveau ?

Si la réponse est floue, le projet n'est probablement pas prêt.


3. Créer un monstre de 200 actions


Je vais être honnête.

Au début, j'étais presque fier lorsque mes flows devenaient énormes.

J'avais l'impression de construire quelque chose d'impressionnant.

Chaque nouvelle demande ajoutait une action.

Puis une condition.

Puis une variable.

Puis une autre exception.

Le flow grossissait semaine après semaine.

Jusqu'au jour où une erreur est apparue.

Une simple ligne Excel qui ne se créait plus.

En théorie, cela aurait dû prendre cinq minutes à corriger.

En pratique, j'ai passé plus de temps à comprendre le flow qu'à résoudre le problème.

C'est là que j'ai compris qu'un flow gigantesque n'est pas forcément un signe de maturité.

Souvent, c'est l'inverse.

Aujourd'hui, j'essaie de découper les problèmes.

Plusieurs petits flows spécialisés sont généralement plus faciles à maintenir qu'un seul flow gigantesque qui tente de tout faire.



4. Ne pas documenter ses choix


Pendant longtemps, je pensais que documenter était une perte de temps.

Après tout, c'était moi qui construisais le flow.

Je savais pourquoi chaque étape existait.

Je savais pourquoi telle condition avait été ajoutée.

Je savais pourquoi telle variable avait été créée.

Puis un jour, je suis revenu sur un ancien projet.

Quelques mois seulement après sa création.

Et je me suis retrouvé face à une expression complexe que j'étais incapable d'expliquer.

Je savais que j'avais une bonne raison de l'avoir écrite.

Mais impossible de me souvenir laquelle.

Cette expérience a complètement changé ma vision de la documentation.

Aujourd'hui, je documente rarement pour les autres.

Je documente surtout pour mon futur moi.

Parce qu'il finira toujours par oublier les détails qui paraissaient pourtant évidents au moment de la création.


5. Faire confiance aux données


C'est probablement l'erreur la plus sournoise.

Parce qu'elle paraît raisonnable.

Quand on construit un flow, on imagine généralement des données propres.

Une référence dans le champ référence.

Une date dans le champ date.

Un nom dans le champ nom.

Puis arrivent les vrais utilisateurs.

Et là, tout devient beaucoup plus intéressant.

J'ai déjà vu plusieurs formats différents pour une même référence.

Des dates écrites de trois façons différentes.

Des emails transférés quinze fois.

Des informations importantes cachées dans une pièce jointe.

Et parfois, tout simplement des champs vides.

Sur certains projets, j'ai passé davantage de temps à nettoyer les données qu'à construire l'automatisation elle-même.

Aujourd'hui, je pars toujours du principe que les données seront imparfaites.

Et paradoxalement, cette hypothèse rend mes flows beaucoup plus robustes.



6. Ignorer les limites de la plateforme


Lorsque l'on découvre Power Automate, on se concentre naturellement sur ce qui est possible.

C'est normal.

On découvre les connecteurs.

Les APIs.

Les intégrations.

On commence à imaginer des dizaines de cas d'usage.

Mais on oublie parfois de regarder les contraintes.

Je me suis déjà retrouvé dans des situations où la partie technique fonctionnait parfaitement.

Le flow faisait exactement ce que j'attendais.

Puis je découvrais un problème de licence.

Ou une limite de volume.

Ou un coût d'utilisation que je n'avais pas anticipé.

Ce sont rarement les aspects les plus passionnants d'un projet.

Mais ils font partie de la réalité.

Aujourd'hui, je vérifie toujours les contraintes avant de tomber amoureux d'une solution.


7. Développer uniquement pour le cas parfait


Mes premiers tests étaient souvent excellents.

Je créais un flow.

Je préparais des données propres.

Je lançais le test.

Tout fonctionnait.

J'étais satisfait.

Puis le flow rencontrait la vraie vie.

Un email sans pièce jointe.

Une colonne supprimée.

Un fichier corrompu.

Une donnée inattendue.

Et soudain tout s'arrêtait.

Avec l'expérience, j'ai compris que le scénario idéal n'est pas celui qui mérite le plus d'attention.

Ce sont les scénarios imparfaits qui comptent.

Parce qu'ils finiront toujours par arriver.

La question n'est pas :

Est-ce qu'une erreur surviendra ?

La question est :

Que fera mon flow lorsqu'elle surviendra ?

8. Oublier les utilisateurs


J'ai déjà construit des automatisations techniquement excellentes qui ont pourtant échoué.

Sur le moment, je ne comprenais pas.

Le flow fonctionnait.

Les gains étaient réels.

Les résultats étaient là.

Et pourtant les équipes continuaient à travailler comme avant.

Avec le recul, je comprends mieux.

J'avais conçu une solution logique pour moi.

Pas forcément pour eux.

J'avais pensé efficacité.

Je n'avais pas suffisamment pensé adoption.

Aujourd'hui, je passe davantage de temps à observer le travail réel des utilisateurs.

Parce qu'une automatisation n'a aucune valeur si personne ne veut l'utiliser.


9. Mesurer les actions plutôt que les résultats


Pendant longtemps, je regardais surtout l'activité.

Nombre d'exécutions.

Nombre de flows.

Nombre d'actions.

Puis un jour, je me suis posé une question simple :

Et alors ?

Un flow peut s'exécuter mille fois par jour sans créer aucune valeur.

À l'inverse, une automatisation très simple peut économiser plusieurs heures par semaine.

Depuis, j'essaie toujours de relier l'automatisation à un résultat concret.

Temps gagné.

Erreurs supprimées.

Service amélioré.

Charge administrative réduite.

Parce qu'au final, personne ne paie pour un flow.

On paie pour les résultats qu'il produit.



10. Penser que Power Automate est le projet


C'est probablement la plus grande leçon de tout ce guide.

Au début, je pensais construire des flows.

Aujourd'hui, je pense résoudre des problèmes.

Cette différence paraît minime.

Elle change pourtant tout.

Les utilisateurs ne veulent pas Power Automate.

Ils veulent récupérer des informations plus vite.

Éviter les erreurs.

Réduire les tâches répétitives.

Mieux servir leurs clients.

Power Automate n'est qu'un moyen parmi d'autres.

Le jour où j'ai compris cela, mes projets ont changé.

Je suis devenu moins obsédé par l'outil.

Et beaucoup plus concentré sur le problème à résoudre.

C'est probablement le changement de mentalité qui a eu le plus d'impact sur ma façon de travailler.



Ce que ces dix erreurs ont en commun


Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est qu'aucune de ces erreurs n'est réellement liée à Power Automate.

J'aurais pu les commettre avec :

  • n8n ;

  • Make ;

  • Zapier ;

  • Apps Script ;

  • VBA ;

  • un agent IA.

Parce qu'au fond, elles ne parlent pas d'outils.

Elles parlent de la façon dont nous abordons les problèmes.

Et c'est probablement la leçon la plus importante de toute cette série :

Apprendre Power Automate est utile.

Apprendre à réfléchir comme un automaticien est beaucoup plus précieux.



En résumé


Si je devais transmettre une seule idée à quelqu'un qui débute, ce serait celle-ci :

La qualité d'une automatisation dépend rarement de la complexité du flow.

Elle dépend surtout de votre compréhension du processus, des utilisateurs, des données et du problème que vous essayez réellement de résoudre.

Et c'est précisément pour cette raison que les meilleurs automaticiens ne sont pas forcément ceux qui connaissent le plus d'actions.

Ce sont souvent ceux qui posent les meilleures questions avant même d'ouvrir Power Automate.



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